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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 17:16

flag_egypt.pngDimanche lors d'une conférence de presse les ministres égyptiens du Plan et de la Coopération internationale Fayza Aboul Naga et de la Justice Adel Abdel Hamid Abdallah ont présenté le point de vue officiel après les protestations internationales contre les perquisitions de locaux de 17 ONG, dont trois américaines (le National Democratic Institute, l'International Republican Institute et Freedom House ) et une allemande (la fondation Konrad Adenauer). Ces associations sont accusées de ne pas avoir obtenu les autorisations nécessaires pour exercer leur activité et recevoir des financements étrangers. Les ministres ont insisté sur le fait que c'est la Justice égyptienne qui a été à l'origine de ce actions.

 

Le lundi 2 janvier les Etats-Unis ont sommé sans ménagement le gouvernement militaire égyptien de mettre fin aux perquisitions budgétaires et restituer aux ONG les documents confisqués. En arrière plan de cet avertissement, la campagne de certains sénateurs pour la suspension de l'aide (1,3 milliards de dollars par an) versée par les Etats-Unis depuis les accords de Camp David.

 

Dans le journal Al-Gomhuria le 2 janvier, le rédacteur adjoint d'Al Arabiya.net Farrag Ismail, s'indignait du manque de respect pour la souveraineté de la justice égyptienne que constituait le ton de l'avertissement lancé par le secrétaire à la Défense Leon Panetta au maréchal Mohamed Hussein Tantaoui (le numéro un du nouveau régime égyptien).

 

Les défenseurs des ONG eux soutiennent que celles-ci se sont bornées à faire de la surveillance électorale sans participer à la campagne et accusent la ministre Faiza Aboul Naga, qui appartenait aux gouvernements antérieurs de Moubarak, de jouer un rôle clé dans l'action anti-ONG tandis que des groupes salafistes eux-mêmes financés par l'étrager ne seraient pas inquiétés. Les attaques contre Faiza Aboul Naga ne sont toutefois pas claires. Certes celle-ci a fait parti du comité politique du Parti national démocratique présidé par Gamal Moubarak le fils du dictateur, mais cette ancienne conseillère de Boutros Ghali à l'ONU, diplomate de carrière, qui cite Arafat, Bouteflika, Mandela et Castro parmi ses modèles semble avoir une sensibilité ouverte au non-alignement, et en octobre dernier ses adversaires du Réseau arabe pour l'Information  sur les droits de l'homme à l'inverse l'accusaient au contraire de vouloir "saboter la société civile" (c'est-à-dire les associations non financées par USAID) en collaboration avec l'ambassade des Etats-Unis. Quant au rôle des ONG mentionnées, il n'est pas si anodin qu'il n'y paraît. Un article du présent blog le 6 octobre dernier avait par exemple souligné l'action politique de la fondation Konrad Adenauer aux côtés d'USAID pour soutenir la Ligue pour la Défense de l'Environnement en Bolivie.

 

Le blogueur américain de gauche David Swanson interviewé par Russia TV commentait quant à lui en ces termes le rôle des ONG : "Nous parlons ici au sujet de beaucoup d'O.N.G.s qui ont différents ordres du jour, certaines parmi les ONG américaines ont des liens avérés avecla CIA et ont tenté d'influencer les résultats des élections dans d'autres pays." "Ce ne sont pas des groupes à travers lesquels les étrangers armés de bonnes intentions peuvent essayer d'aider le peuple de l'Egypte. C'est au peuple de l'Egypte qu'il appartient d'établir une société civile de haut niveau dans son propre pays" a-t-il conclu.

 

L'Egypte, actuellement engagée dans un processus électoral complexe qui devrait déboucher sur la rédaction d'une nouvelle constitution et l'élection d'un président de la République en juin, est dans une position très vulnérable à l'égard de ses mentors occidentaux alors que le pays s'enlise dans le marasme économique. En juin dernier le gouvernement militaire avait refusé une avance du FMI de 3 milliards d'euros car il ne souhaitait pas augmenter la dette du pays sans mandat populaire, mais cette ligne ne pourra pas être tenue très longtemps. La visite d'une délégation du FMI a été plusieurs fois repoussée.

 

Delphine Jaen

 

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Published by Atlasaltern - dans Proche-Orient
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