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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 10:06
Le Soudan s'apprête à tenir le 11 avril prochain ses premières élections multipartites (législatives, régionales et présidentielle) depuis 1986, un processus qu'il a dû accepter sous la pression des USA dans le cadre des négociations de 2005 avec les sécessionnistes du Sud. A cette occasion, les pressions occidentales se multiplient sur ce pays. Tout en subtilité, mardi 23 mars lors d'une conférence de presse à Bruxelles, Luis Moreno-Ocampo, procureur de la cour pénale internationale, a estimé que le travail des observateur électoraux de l'Union européenne (138 observateurs), était comparable à "surveiller une élection sous Hitler". La cour pénale internationale (CPI) a inculpé le président sortant Omar al-Bachir pour génocide au Darfour, une accusation qui a été portée contre le gouvernement islamiste de Khartoum par les néo-conservateurs américains à l'époque de Bush, et relayée par divers lobbys, une accusation que même l'ancien président du Tribunal pénal sur l'ex-Yougoslavie Antonio Cassese, qui a été dépêché au Soudan par l'ONU en 2004, trouve excessive.
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 M. al-Bachir a menacé d'expulsion les observateurs électoraux américains de la Fondation Carter (dirigée par l'ancien président démocrate américain, et proche d'Obama). Il est reproché à ceux-ci d'avoir demandé le report de la date des élections, ce qui n'est habituellement pas dans la compétence d'observateurs électoraux. Human Rights Watch (liée à la Fondation Soros et aux démocrates américains) s'est aussi jointe à la Fondation Carter pour demander le changement de date des élections. Il semble que ces lobbys liés à l'administration démocrate aient pris, sur le Soudan, le relais de la croisade des néo-consevateurs évangélistes liés aux républicains, manifestant ainsi la continuité de la politique impériale étatsunienne dans les pays à fort enjeu pétrolier.

17 partis politiques soudanais se sont engouffrés dans la brèche de la demande du report des élections, à l'exception notable du Mouvement de libération des peuples du Soudan et du Parti du congrès populaire.

Selon Gérard Prunier et  Maggie Fick, ces élections, qui sont un prélable au référendum d'autodétermination du Sud-Soudan en 2011, "marquent le début d'un processus qui va modifier durablement l'histoire, mais qui, au vu de l'état actuel des jeux politiques, pourrait conduire à la dissolution brutale de l'Etat soudanais."

F. Delorca

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