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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 23:39

L'histoire commence en mars 2009, le pasteur américain Scott Lively et deux autres évangélistes antigay donnent des conférences à Kampala. Ils inspirent le parlementaire ougandais David Bahati, qui , ix mois plus tard, a présenté pour la première fois sa proposition de loi antihomosexualité devant la chambre des représentants. En mars 2010, Scott Lively est entendu par le Parlement ougandais en tant qu’expert “du problème homosexuel”. Marie Turcan dans les Inrockuptibles il y a peu sur la base du documentaire  de Roger Ross William "God Loves Uganda", explique comment le très riche groupe religieux évangélique américain The Family lié aux Républicains étatsuniens et dont fait partie le président ougandais Yoweri Museveni a servi de socle à cette législation anti-gay finalement adoptée en février 2014.

 

musew.jpgEn réplique à cette législation issue de l'ingérence des conservateurs évangélistes américains dans la vie sociale de l'Ouganda, une ingérence dans l'autre sens a été déclenchée dans les pays riches. Une pétition a été adressée à John Kerry pour interdire de visa le ministre des affaires étrangères ougandais Sam Kutesa qui venait d'être élu président de l'assemblée générale des Nations-Unies, une député européenne libérale a demandé le 13 juin à la baronne Ashton de s'élever contre la nomination de Kutesa. Le 19 juin Washington décidait non seulement de priver de visas des personnalités du régime ougandais, de suspendre des exercices militaires dans ce pays mais aussi de se désengager du financement de programmes médicaux utiles à la population, tandis que la banque mondiale retardait l'approbation d'un prêt de 90 millions de dollars destiné lui aussi au système de santé. Le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède ont aussi suspendu leur aide pour protester contre la criminalisation de l'homosexualité à Kampala. En février le secrétaire d'Etat John Kerry avait comparé cette criminalisation au nazisme et à l'apartheid, et la candidate démocrate à l'élection présidentielle Hillary Clinton a annoncé dans son dernier livre "Hard choices" qu'elle suivait de près le cas de l'Ouganda et ferait de l'action contre les pays à législation homophobe une de ses priorités.

 

Yoweri Museveni qui, dès le moment où il a signé la loi litigieuse, connaissait le risque de sanctions, a affiché depuis lors une indifférence face à ce danger. Mais selon un porte-parole de la mission économique américaine en Ouganda, l'aide publique totale des Etats-Unis à ce pays en 2013 est égale à l'ensemble du budget des minitères de la santé, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie réunis, ce qui constitue un outil de pression considérable. Idi Amin Dada a été renversé en avril 1979, sept mois après que l'administration Carter ait pris des sanctions contre son pays. Beaucoup tracent un parallèle avec ce qui pourrait arriver désormais à Museveni, qui est censé rencontrer Barack Obama le mois prochain.

 

Frédéric Delorca

 

 

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