Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

blog-expert-public.jpg

 

Recherche

24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 15:28

Le 1er juillet dernier, la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) a transmis le flambeau de la préservation de la paix au Mali à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) conformément aux résolutions du conseil de sécurité des Nations Unies et la France a promis de retirer ses 4 000 hommes du pays avant la fin de l'année. Pour autant ce désengagement apparent de la France ne dissipe pas les soupçons d'ingérence. En premier lieu du fait de l'organisation de la MINUSMA : elle est dirigée par le général rwandais fidèle de de Paul Kagame Jean-Bosco Kazura, comme Commandant de la force de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) au moment pourtant où l'ONU accuse des officiers rwandais d'entretenir la rebellion du M-23 au Nord-Kivu. Cette nomination, qui a déçu le Tchad - très présent dans la bataille contre les islamistes au Mali, et confirmée l'entregent diplomatique du Rwanda (par ailleurs membre du conseil de sécurité en ce moment), a été perçue par certains analystes maliens comme un coup de pouce aux sécessionnistes touaregs que Bamako accuse Paris de soutenir. M. Bouare, du Reporter, notait ainsi le 29 juin qu'alors que le secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des opérations de la Paix est un français (Hervé Ladsous) et que le responsable de l'opération Serval est un ancien de l'opération Turquoise au Rwanda (le général Grégoire de Saint-Quentin «Barrera») la nomination du général Kazura par Ban Ki-Moon n'a pu se faire qu'avec l'aval de Paris, dans un but hostile à l'unité du Mali. Même hypothèse du côté du journal L'Enquêteur sous la plume d'Aliou Badara Diarra. 

 

En second lieu Paris est accusé de monter de toute pièce les élections du 28 juillet prochain. Le collectif Front nouveau citoyen multiplie les griefs : "A Bamako courent de folles rumeurs sur les millions de cartes de vote éditées en surplus (? !), dans la plus grande opacité, par le pouvoir intérimaire, au moment où des électeurs potentiels du même nombre sont privés de leurs droits constitutionnels par défaut de NINA (la carte d’électeur) (...) Sauf rebondissement, le tiercé gagnant dans l’ordre est le suivant: Ibrahim Boubacar Keita  (IBK), Président, Soumeïlou Boubeye  Maïga, premier ministre, et le capitaine Amadou Aya Sanogo, chef d’état-major occulte de l’armée en dépit de son grade de capitaine. (...) Le scenario prévoit même un deuxième tour électoral mettant en compétition IBK et Soumaïla Cissé, en un remake des compétitions électorales françaises en ce qu’il opposera IBK, le poulain socialiste, à un ancien cadre supérieur des entreprises françaises, notamment Air Liquide et Pechiney, Soumaïla Cissé, qui passe pour bénéficier des sympathies de la droite française. (...) Oumar Mariko, candidat communiste, seul candidat à jouir d’une audience certaine dans le Nord du Mali, a été interdit de faire campagne dans cette zone sous contrôle militaire français, de crainte que ses harangues ne mettent en route un mouvement de protestation contre la présence militaire française au Mali.. Sous cape, il se murmure que la chancellerie française à Bamako s’active pour dissuader les opposants de contester les résultats de ce simulacre électoral, contre arguments sonnants et trébuchants : le remboursement des frais électoraux, particulièrement la caution de dix millions de Frs CFA bonifiés d’une prime au silence.(...)"

 

Ces accusations ne sont pas toutes aisées à vérifier, mais la grande presse reconnaît elle-même que le forcing de François Hollande pour que les élections aient lieu avant la fin du mois de juillet a compromis la possibilité d'établir des listes électorales fiables, et Tiébilé Dramé, président du parti de gauche Parena dénonce depuis plusieurs semaines un scrutin qui ne sera « ni libre ni équitable » et a retiré sa candidature en signe de protestation.

 

Ces entraves à la souveraineté du Mali ne suscitent pas de réaction au sein du conseil de sécurité de l'ONU dans la mesure où elle bénéficie aux principales puissances mondiales, et pas seulement les Occidentaux. Aux dernières nouvelles le gouvernement du Mali a demandé à la Russie de lui livrer des hélicoptères, des avions de combat et des véhicules blindés pour combattre les rebelles islamistes dans le nord du pays, selon le quotidien russe Vedomosti du 23 juillet. La Chine a annoncé le 29 juin qu'elle enverra 500 soldats dans le cadre de la Minusma. Les possibilités pour le peuple malien de faire entendre sa voix sont aujourd'hui des plus réduites.

 

F. Delorca

Partager cet article

Repost 0

commentaires