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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 13:39

Le Mexique fait actuellement l'objet d'une campagne d'ingérence judiciaire tous azimuts.

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La France tout d'abord a entrepris une campagne médiatique contre le gouvernement mexicain autour de la condamnation de Mme Florence Cassez à 96 ans de prison en 2008 (commuée à 60 ans en 2009).

 

Patronne d'une boutique de Calais, cette femme a eu une liaison avec Israel Vallarta, plusieurs fois condamné, qui a reconnu un meurtre et dix enlèvements. La police mexicaine le soupçonne d'être le chef d'une bande de kidnappeurs. Florence Cassez nie avoir eu connaissance de ces activités criminelles, et dit avoir toujours cru que Vallarta était un vendeur de voiture. Elle a été arrêtée en 2005 dans le cadre d'une mise en scène que la France impute au contexte pré-électoral de l'époque. Les derniers rebondissements du dossier judiciaire depuis 2009, et notamment les vices de procédure constatés, semblent avoir convaincu le président Sarkozy d'en faire un enjeu médiatique, comme en 2007 la détention des infirmières bulgares en 2007 ou la capitivité d'Ingrid Betancourt, pour faire oublier ses déboires politiques du moment. Le gouvernement français a accusé le Mexique de "déni de justice" et décidé de consacrer l'année culturelle du Mexique prévue en 2011 à Mme Cassez. Même si une partie de la gauche et du centre critiquent la gestion par M. Sarkozy de ce dossier, 200 députés français mardi dernier ont posé aux côtés de la famille Cassez (alors que bien peu se mobilisent pour le jeune Français de Palestine Salah Hamouri détenu en Israël).

 

Au Mexique au contraire la mobilisation contre l'ingérence française est de grande ampleur. Même le prestigieux recteur de l'Université nationale autonome du Mexique José Narro Robles haute autorité morale de la gauche mexicaine et latinoaméricaine, a réclamé en Une du journal La Jornada dimanche "le respect de la souveraineté" de son pays

 

La France n'est pas la seule puissance occidentale a vouloir donner des leçons au Mexique.

 

Le 18 février le président du groupe sénatorial du Parti de la révolution démocratique mexicain (membre de l'internationale socialiste), Carlos Navarrete, a qualifié de grave et inacceptable la prétention des Etats-Unis d'envoyer des agents du FBI enquêter sur l'assasinat par le cartel de Zeta d'un agent des migrations étatsunien à San Luis Potosí.

 

9 jours plus tôt la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure des Etats-Unis, Janet Napolitano, n'avait pas hésité à évoquer une éventuelle collusion entre barons de la drogue mexicains du cartel des Zetas et terroristes islamistes d'Al-Qaïda, une accusation déjà lancée par le Daily Telegraph en décembre dernier...

 

Suite à l'ambuscade de San Luis Potosí, le sénateur républicain Mickael Mc Caul a incité Washington a faire pression sur le Mexique pour que les agents fédéraux des Etats-Unis en charge de la répression des trafics sur le sol mexicain soient autorisés à porter des armes.

 

Le Mexique qui a enregistré le décès de 30 000 personnes dans le cadre de la guerre contre les mafias lancée par le président Calderon est aujourd'hui donc en lutte sur plusieurs fronts, tandis que la gauche (voir l'éditorial de  la Jornada aujourd'hui) critique la droite mexicaine au pouvoir non seulement pour n'avoir pas su défendre mieux la souveraineté du pays face aux ingérences croissantes des Etats-Unis et de la France, mais aussi de s'être coupé de soutiens potentiels comme Cuba et le Venezuela avec lesquels le président Calderon a rompu récemment. Un isolement que paie le peuple mexicain tout entier du point de vue de sa capacité à défendre ses intérêts sur la scène internationale.

 

 

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