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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 20:57
usmarine.jpgC'est André Maltais qui le rapporte sur Mondialisation.ca :

"Dans la soirée du samedi, 10 octobre 2009, des milliers de soldats et policiers fédéraux, profitant du fait que leur présence dans les rues est familière depuis la militarisation de la lutte anti-drogue, envahissent subrepticement une cinquantaine d’installations de la compagnie nationale d’électricité, Luz y Fuerza del Centro (LFC) qui approvisionne plus de six millions de personnes dans le centre du pays.

Les militaires forcent les travailleurs présents à quitter les lieux et attendent que le président mexicain Felipe Calderon émette un décret liquidant purement et simplement l’entreprise publique et son syndicat, le Syndicat mexicain des électriciens (SME).

Du jour au lendemain, 44 000 travailleurs et leur famille de même que 22 000 retraités se retrouvent à la rue alors que disparaît l’un des syndicats indépendants les plus forts et combatifs du pays
."

Une semaine auparavant, le gouvernement avait refusé de reconnaître l’élection de Martin Esparza à la tête d’un syndicat qui, depuis 95 ans, s’est  toujours opposé aux privatisations et à l’érosion des droits des travailleurs."


L'article note aussi que "en 2009 seulement, le pays a perdu plus d’un million d’emplois et, depuis l’arrivée au pouvoir du « cauchemar » Calderon, au moins 2.8 millions d’emplois dont un très grand nombre dans les secteurs les plus intégrés à l’économie états-unienne.Le quotidien La Jornada révèle que 76.000 faillites d’entreprises sont survenues au cours des six derniers mois seulement!"

Alors que d'une main il démantèle l'Etat mexicain, Calderon de l'autre s'abandonne à la dérive sécuritaire, avec les encouragements de Washington. Cette semaine, on a justement appris qu'Obama a offert à Calderon une collaboration plus étroite en matière de sécurité. En janvier dernier, un rapport militaire étatsunien a placé le Mexique au même titre que le Pakistan parmi les possibles "failed states" (Etats en déliquescence) qui pourraient s'effondrer aussi rapidement que la Yougoslavie entre 1991 et 1995. Le gouvernement mexicain a déjà déployé 45 000 soldats dans les zones du pays susceptibles d'être aux mains des narcotraficants. Cette militarisation du pays entraîne des atteintes croissantes aux droits de l'homme. Les plaintes contre le ministère de la défense devant la Commission nationale des droits de l'omme sont passées de 182 en 2007 à 559 pour le seul premier semestre de 2009. Un rapport d'Amnesty international en décembre a décrit des cas de tortures, d'enlèvement et d'assassinats par l'armée mexicaine. Les excès de l'armée mexicaine sont tels que leurs mentors étatsuniens s'en inquiètent. En août 2009, le sénateur démocrate du Vermont Patrick Leahy (un sénateur en pointe sur les droits de l'homme qui a proposé en 2007 le rétablissement de l'habeas corpus à Guantanamo) a pu faire bloquer provisoirement une aide militaire de 90 millions de dollars au Mexique en raison des exactions imputées à l'armée de ce pays.

La semaine dernière la secrétaire à la sécurité intérieure Janet Napolitano a reconnu que l'armée américaine agissait directement "d'une certaine façon limitée" ("in certain limited ways") au Mexique. L'intervention militaire directe des Etats-Unis reste cependant difficilement envisageable dans un pays qui a déjà perdu une guerre (et un tiers de son territoire) contre les Américains. Obama se dit même réticent à l'idée militariser ouvertement la frontière (où se multiplient les meurtres et violences) comme le lui demandent certains gouverneurs.

Sur Counterpunch.org, Mike Whitney récemment rejoignait André Maltais en soulignant que la militarisation de la lutte contre  la drogue fait l'affaire des narco-traficants puisqu'elle fait augmenter le prix des stupéfiants et donc les bénéfices (y compris pour corrompre des fonctionnaires aux Etats-Unis), et que son objectif véritable était en fait la liquidation de la résistance de gauche au Mexique.

F.Delorca 

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