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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:28
L’association de défense de l’environnement Greenpeace a publié un rapport sur les mines d’uranium exploités par le groupe français Areva, au nord du Niger. Une équipe de l’organisation s’est rendue sur les lieux du 1er au 9 novembre. Cette étude révèle les risques de contamination radioactive pour les populations locales.

L'association de défense de l'environnement Greenpeace relève des niveaux élevés de radiation dans les rues d’Akokan à l’ouest d’Arlit. « Les enfants qui jouent dans ces rues, explique le rapport, sont exposés à des risques inacceptables des rayonnements radioactifs.» A certains endroits de cette cité minière, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste.

Dans un article du Monde Diplomatique de juin 2008, Anna Bednik décrivait l'action du mouvement touareg MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice) pour que les collectivités locales nigériennes puissent avoir le contrôle des recettes de l'exploitation de l'uranium. Le Niger est le troisième exportateur mondial de ce minerai. Il est exploité par deux sociétés franco-nigériennes dont Areva NC est l’actionnaire majoritaire. Mais le gouvernement nigérien commercialise désormais une partie de la production directement sur le marché, et le monopole français de l’extraction de l’uranium au Niger est terminé. A. Bednik indique notamment qu'en novembre 2007, Sino-Uranium, filiale de l’entreprise publique chinoise China National Nuclear Corporation (CNNC) qui explore depuis 2006 l’importante concession de Tegguidda, a obtenu le permis d’exploitation du gisement d’Azelik. Au vu des actions de la guérilla touaregs contre la CNNC, l'hypothèse d'une manipulation de celle-ci par Areva a été avancée pendant un temps, puis démentie par la suite. Une dialectique entre violence des rebelles et le durcissement du gouvernemet de Niamey s'est engagée dans un contexte d'appauvrissement croissant des populations locales et de désertification, avec toutes les conséquences que l'on peut imagine (sur la répression, voir par exemple le témoignage d'Amnesty International en 2007).

Dans une préface au récent livre de Yash Tandon "En finir avec la dépendance à l'aide" (exd. CETIM), l'économiste Samir Amin, contributeur de l'Atlas alternatif, cite la situation du Niger comme illustration de l' "aiguisement des conflits pour l'accès aux ressourcs naturelles de la planète", contexte dans leque les pays du Nord entendent se réserver l'accès exclusif à une "Afrique "utile" (celle des ressources naturelles), et en interdire l'accès aux "pays émergents" " comme la Chine. L'aide au développement (dont les modalités sont définies de façon unilatérale et qui, dans le cas du Niger, représente la moitié de son buget) servant à maintenir les classes moyennes nationales dans une position clientélaire à l'égard des pays riches.

F. Delorca

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