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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 17:46

L'ancien chef des forces serbes de Bosnie le général Ratko Mladic, recherché depuis quinze ans par le "tribunal pénal intenational" pour l'ex-Yougoslavie (TPIY - un tribunal ad hoc créé par le Conseil de sécurité de l'ONU auquel une certaine partialité a souvent été reprochée) a été arrêté hier à 80 km au nord de Belgrade. Cette arrestation figurait au nombre des conditions posées par les Occidentaux pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne.

 

Le général Mladic est accusé d'avoir planifié le génocide de 7 000 à 8 000 civils musulmans bosniaques dans l'enclave de Srebrenica à l'Est de la Bosnie (au coeur de la zone serbe) pendant la guerre civile bosniaque. Le 7 juillet 1995 profitant du retrait des casques bleus hollandais qui protégaient la ville (et selon certains, au terme d'un possible accord de non intervention aérienne avec la Forpronu qui venait de récupérer des soldats-otages quelques jours plus tôt ), l'armée l'Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) commadée par Mladic faisait son entrée à Srebrenica. Les femmes et les enfants étaient envoyés par autobus dans la partie musulmane de la ville. Les hommes auraient été systématiquement massacrés pendant plusieurs jours, justifiant l'accusation de "génocide" et "crime contre l'humanité".

 

Ces meurtres s'expliqueraient selon les partisans de l'ex Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) par le climat de guerre civile qui régnait dans la région. Le chef de guerre musulman Naser Orić  qui dirigeait l'armée musulmane à balkans.jpgSrebrenica aurait lui-même tué des centaines de civils serbes et fait régner la terreur dans la zone en 1992-93. Il a été acquitté par le TPIY en 2008. Pour les Occidentaux et les Musulmans de Bosnie il s'agirait d'une opération de nettoyage ethnique "à froid" (ce qui la distinguerait par exemple des massacres commis par les Américains à Faludjah en 2004).

 

L'arrestation de l'ex-général Mladic a été saluée en Serbie par les partis européistes comme le parti libéral démocrate. Le parti radical serbe (nationaliste) dont le leader V. Seselj est jugé par le TPIY en ce moment a annoncé qu'il organisera une manifestation de protestation - mais sans garantie que la police l'autorise. Le parti progressiste de M. Nikolic, issu d'une scission du Parti radical s'est pour sa part tenu dans une posture plus modéré manifestant seulement les "questions" que lui inspire cette arrestation à un moment où l'Union européenne fait pression pour un dialogue entre Belgrade et Pristina.

 

En République serbe de Bosnie (Republika Srpska, une entité fédérée issue des accords de Dayton), le président social démocrate Milorad Dodik s'est félicité de cette arrestation.

 

La République serbe de Bosnie est régulièrement menacée par des propositions occidentales de la supprimer purement et simplement.

 

En mars dernier, une nouvelle illustration du "deux poids deux mesures" de la justice internationale pro-occidentale à l'égard de cette entité avait été révélée par la libération de Jovan Divjak. Cet ancien général d'origine serbe qui avait dirigé l'armée musulmane à Sarajevo était recherché pour avoir fait tirer sur des recrues serbes désarmées au moment où celles-ce se retiraient de la ville en 1992. Arrêté en Autriche le 3 mars dernier il avait été libéré six jours plus tard contre une caution de 500.000 euro, payée par le canton de Sarajevo et la fondation Pravda (Justice). Cette libération a fini de convaincre les Serbes de Bosnie que les présumés criminels de guerre musulmans et croates ne seraient jamais traités sur un pied d'égalité avec les criminels de guerre serbe. La crise politique provoquée par cette affaire en République serbe de Bosnie décida début avril l'assemblée nationale de cette entité à soumettre à référendum un projet tendant à soustraire la partie serbe à la juridiction du système judiciaire de Bosnie accusé de n'avoir jamais jugé de criminels de guerre de la partie musulmane et de n'avoir pas, en l'occurrence, agi pour l'extradition de Divjak.

 

Les Occidentaux ont immédiatement menacé la République serbe de sanctions si le projet de référendum venait à se réaliser. Milorad Dodik a dû renoncer au projet de référendum  après sa rencontre avec la représentante de l'Union européenne Catherine Ashton. De retour des Etats-Unis où il avait présenté son rapport devant le Conseil de sécurité des Etats-Unis, le haut représentant des Nations-Unies, l'autrichien Valentin Inzko, n'avait pas hésité à menacer de "destituer" le président élu par les Serbes.

 

L'arrestation de Mladic s'est accompagnée de manifestations de solidarité en République serbe de Bosnie et pourrait entretenir le sentiment de persécution qui prévaut dans cette entité.

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Published by Atlasaltern - dans Balkans
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