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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 17:42

latinamerica.jpgLe 2 décembre trente-trois chefs d’État étaient réunis à Caracas (Venezuela) pour lancer la CELAC. CELAC est l’acronyme espagnol désignant la « Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes » (ou de la Communauté des nations d’Amérique latine et les Caraïbes). Cet organisme comprend tous les Etats du continent américain sauf les Etats-Unis et le Canada. Salué par certains commentateurs comme "un pas de plus dans la marche à la conquête de la seconde indépendance", ce sommet a fixé les plan d'action pour développer le commerce entre les pays membres (actuellement plus réduit en volume que celui avec les pays du Nord), la solidarité financière dans le respect des souverainetés nationales, la protection des migrants, la mise en place entre autres de politiques sociales et politiques énergétiques concertées.

 

Jusqu'ici l'union régionale la plus vaste ne comprenant pas les USA et le Canada était l'Union des nations d'Amérique du Sud (UNASUR) créée en 2008 à Brasilia et qui se réunissait le même jour à Caracas. Toutefois elle n'incluait pas l'Amérique centrale et les Caraïbes. L'UNASUR a déjà à son actif d'importantes réalisations notamment dans la coopération militaire et spatiale. Le blog Globalspin lié à Time.com, propragandiste des puissances du Nord, estime qu'à la différence de l'UNASUR l'efficacité de la CELAC restera purement rhétorique, et pronostique à cet organisme un avenir court, notamment parce que, selon ce blog, l'espérance de vie de Chavez serait très réduite par son cancer. Elle s'inquiète cependant de voir le Brésil cautionner ce sommet.

 

Un des facteurs du succès ou de l'échec de la CELAC sera la procédure décisionnaire. Les membres de la nouvelle organisation soutenaient l'idée d'une de prise de décision à l'unaniminté, mais l'Equateur (actuellement dans le collimateur des puissances du Nord sur la question de la liberté de la presse) avec un soutien limité du Mexique a avancé l'idée d'une majorité qualifiée des quatre cinquièmes.

 

Le président social-démocrate panaméen Ricardo Martinelli, pourtant réputé anti-Chavez, a proposé son pays, qui a candidaté à l'organisme de coopération pétrolière lancée par Cuba et le Venezuela Petrocaribe, comme siège de la CELAC . L'enthousiasme du président du Panama, qui a eu des mots très favorables au président équatorien proche d'Hugo Chavez Rafael Correa sur la presse, et qui a proposé l'existence d'un secrétariat permanent de la CELAC tranche avec la prudence du Brésil qui veut que cet organisme demeure léger et n'a pas voulu en prendre la tête. Ce ralliement d'un pays aussi peu "bolivarien" que le Panama à la CELAC est peut-être le signe que l'organisme a un potentiel qui va bien au delà de la personnalité de Chavez.

 

Alors que le thème est peu débatu en Europe, il se peut bien que la complaisance des élites étatsuniennes et européennes (y compris de gauche) pour les guerres humanitaires, ait contribué à affermir la volonté de l'Amérique latine de s'unir sans les pays du Nord. Comme le rappelle le chroniqueur Juan Manuel Karg : "Alors que dans une Europe rendue amnésique par les grands médias, on a vu des "intellectuels" de gauche se convertir à la « guerre humanitaire » et défendre peu ou prou une guerre meurtrière en Libye, il est bon de citer la présidente argentine Cristina Fernandez « Quand je vois les pays dits civilisés régler leurs affaires à coups de bombes, je me sens fière d´être sud-américaine »."  Pourtant Cristina Fernandez n'est pas la plus radicale des dirigeants latino-américains...

 

Sanaa Amrani

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