Dimanche 10 juin 2012 7 10 /06 /Juin /2012 09:58

syrie.jpgLes 25 et 26 mai derniers, le village syrien de Houla (centre du pays) a été la cible d'une attaque qui a fait plus de 100 morts, dont une moité d'enfants, attaque dans un premier temps imputée par l'opposition armée et par leurs soutiens inconditionnels dans le médias occidentaux par des "bombardements" perpétrés par l'armée syrienne. La plupart des victimes ont été abattues par des balles tirées à courte distance, les autres ayant péri sous des obus d'artillerie. Dans un premier temps (cf communiqué du 27 mai et non pas "sans désigner de coupables" comme le rapportent des sources pro-Assad) le Conseil de sécurité avait condamné les tirs d'artillerie et de chars de l'armée loyaliste, puis le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a mis en cause des "miliciens pro-régime". Le conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève le 1er juin a demandé à la commission d'enquête internationale, qui agit sous mandat du Conseil depuis août 2011, "de conduire une enquête spéciale exhaustive, indépendante et sans entrave en accord avec les standards internationaux sur les évènements de Houla" par 41 voix contre 3 (Chine, Russie et Cuba) et 2 abstentions (Ouganda, Equateur). La mission d'enquête gouvernementale syrienne mandatée par le gouvernement de Damas, sous la direction du général de brigade Qasseem Suleiman a rejeté la responsabilité des massacres sur une bande de 600 à 700 hommes armés qui auraient pris d'assaut simultanément cinq postes loyalistes (*). Des sources pro-Assad renvoient à une émission de la Chaîne Rossiya 24 que Global Research (dont les contributeurs sont loin d'avoir toujours été crédibles) aurait retranscrite en anglais sur le sujet. Mais il ne s'en trouve pas de trace ailleurs sur le Net. Cette émission reprend la version de la commission de Qasseem Suleiman en donnant des détails sur les 600 à 700 hommes responsables selon elle des meurtres de civils.

 

Le 7 juin Mazraat al Kabir un nouveau massacre d'ampleur comparable a été commis dénoncé par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et le Conseil national syrien (CNS basé à Istanbul) comme provoqué par les mêmes mêmes miliciens (alors pourtant que le village est principalement peuplé de minorités proches du régime et de sunnites loyalistes). Les présomptions de manipulation par l'OSDH et le CNS, directement reprises par les grands médies occidentaux, sont assez sérieuses sur les deux massacres.

 

L'opposition armée a annoncé son désengagement du plan Annan dès l'annonce du massacre d'Houla. Le plan Annan adopté le 4 mai dernier qui prônait l'arrêt des violences du côté des rebelles comme des forces gouvernementales (une symétrie entre les Occidentaux refusaient jusque là) et le retrait des armements lourds. Ce plan a régulièrement été torpillé depuis un mois tant par les forces gouvernementales que par les rebelles.

 

Selon le  New York Times, les Etats-Unis ont préparé un plan de sortie de crise, qui prévoirait le départ de Bachar el-Assad - plan calqué sur celui qui a mis fin en février 2012 à la présidence d’Ali Abdallah Saleh au Yémen (c'est-à-dire avec une impunité pour lui et ses proches), mais la Russie s'en tient au soutien au plan Annan qu'elle veut faire cautionner à une conférence internationale, et estime que le départ d'Assad ne peut que provenir d'une décision du peuple syrien sans ingérences étrangère. Mais les chances de succès de cette conférence, qui ne substituera pas en tout état de cause au Conseil de Sécurité de l'ONU, sont faibles, des controverses apparaissant déjà autour de la présence de l'Iran en son sein.

 

A défaut d'obtenir le feu vert de la Russie pour une intervention militaire à la libyenne en Syrie qui leur permettrait d'affaiblir l'axe chiite pro-iranien au Proche-Orient, les Occidentaux et les pétro-monarchies semblent résolus à jouer la carte de l'échec du plan Annan et du développement de la guerre civile ("conflit de basse intensité") dans ce pays, une guerre civile dont la population paie un prix très élevé. Par exemple, l'agence de presse du Vatican Agenzia Fides le 4 juin citait ce témoignage de Mgr Philippe Tournyol du Clos Archimandrite Grec-Catholique Melkite, ancien membre de la Fraternité Saint Pierre (traditionnaliste): "[A Homs] Le spectacle qui s’offre maintenant à nos yeux est celui de la plus absolue désolation : l’église de Mar Élian est à demi détruite et Notre-Dame de la Paix saccagée (près de laquelle on a trouvé plusieurs personnes égorgées) est encore occupée par les rebelles. Les maisons, très endommagées par les combats de rue sont entièrement vidées de leurs habitants qui ont fui sans rien emporter ; le quartier d’Hamidieh constitue encore aujourd’hui le refuge inexpugnable de bandes armées indépendantes les unes des autres, fournies en armes lourdes et en subsides par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Tous les chrétiens (138’000) ont pris la fuite jusqu’à Damas ou au Liban ; ceux qui n’y avaient pas de parents se sont réfugiés dans les campagnes avoisinantes, chez des amis, dans des couvents, jusqu’au Krak des Chevaliers. Un prêtre y a été tué ; un autre, blessé de trois balles dans l’abdomen, y vit encore ainsi qu’un ou deux autres, mais ses cinq évêques se sont prudemment réfugiés à Damas ou au Liban"

 

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(*) Le rapport des autorités signale aussi que font partie des victimes l'épouse d'Abdulmuti Michib (deuxième secrétaire de l'assemblée nationale syrienne récemment élu) et ses enfants, son frère et sa famille entière, ainsi qu'un proche de cette épouse Mu'aweyah As-sayed, officier du centre de police du Houla ainsi que toute sa famille.

Par Atlasaltern - Publié dans : Proche-Orient - Communauté : Actualités Internationales
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