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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 16:16

Son Parlement boycotté par l'opposition (65 députés sur 140) ne fonctionne plus depuis le 28 juin 2009. 200 sympathisants du Parti socialiste de ce pays dont plusieurs députés sont en grève de la faim depuis le 30 avril dernier pour obtenir un nouveau décompte des voix de lélection législative de 2009. Manifestations et contre-manifestations  se succèdent. Ce pays c'est l'Albanie. L'Union européenne (UE) a annoncé que ce blocage risquait de compromettre la politique de libéralisation des visas avec ce pays. Pour le reste, elle demeure passive. Selon certains, les dirigeants européens miseraient ainsi sur l'épuisement progressif du Parti socialiste. Il est vrai que le premier ministre de droite Sali Berisha, accusé de fraude électorale, garde le soutien de la droite européenne : en avril dernier la Fondation Robert Shuman le recevait à Bruxelles en présence de Joseph Daul, président du Parti populaire européen. Deux mois plus tard, ce dernier se rendait à Tirana pour demander aux socialistes d'arrêter leur boycott, et se vantait d'avoir été à l'initiative d'une résolution du Parlement européen en faveur d'une politique d'assouplissement des visas.

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Pourtant la politique de Sali Berisha reste des plus douteuses. Quand il prend des initiatives, il s'emploie surtout à réviser les manuels d'histoire pour salir la mémoire des résistants antifascistes et à cimenter l'unité nationale autour du souvenir de Mère Teresa (pourtant née en macédoine). Il souhaite aussi construire une centrale nucléaire en partenariat avec son ami Berlusconi, qui a proclamé récemment son goût pour les prostituées albanaises, alors pourtant que le coût de cette centrale serait égal à la moitié du PNB du pays !  

 

En début de semaine le président Bérisha avait laissé entrevoir un signe d'assouplissement en envisageant une loi de réforme du code électoral. Mais la situation s'est à nouveau tendu le 30 juin.

 

L'Albanie est un des pays les plus pauvres de l'Europe avec un PNB par habitant de 2 730 dollars en 2005. Un million d'Albanais sur les 4 que comptait le pays a émigré à l'étranger au cours des quinze dernières années.

 

Dans le système économique albanais, les mafias spécialisées dans le trafic d’êtres humains et de la drogue jouent un rôle important surtout dans le nord du pays, à structure clanique, qui est aussi depuis 1945 traditionnellement le fief des anti-comunistes et de la droite nationaliste - alors que le Sud peuplé de travailleurs agricoles tosks était la base sociale du régime d'Enver Hodja. Bérisha lui-même est originaire des populations gheg du nord et y recrutait sa garde prétorienne dans les années 1990, du temps où il fut président de la République.

 

Une partie de ces mafias du Nord liées à l'UCK kosovare sont impliquées dans des affaires de trafic d'organes de civils serbes qui remontent à 1998-99 qui font l'objet d'investigations de l'ONU et du Tribunal pénal international. Les réticences de l'Albanie à coopérer avec l'ONU sur ce dossier jouent en sa défaveur aux yeux de l'UE. Mais selon le Washington Times Washington aurait continué de soutenir les albano-kosovars et leur aspiration à l'indépendance en 2008 largement par crainte des violences que ceux-ci pouvaient développer à l'encontre même de leurs protecteurs occidentaux. Le lobbying pro-kosovar des occidentaux dans les conférences internationales se poursuit en tout cas avec la participation active de l'ancien président Clinton.

 

Aujourd'hui Sali Berisha a beau proclamer qu'il a réprimé la mafia, l'Albanie qui a intégré l'OTAN en 2008 et entretient un contingent en Afghanistan malgré son faible budget militaire, est très loin de pouvoir envisager une intégration prochaine à l'UE, comme elle l'avait  espéré pendant un temps. La poursuite de la crise politique pourrait même déboucher sur une situation insurrectionnelle comme le pays l'a connue en 1997.

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Published by Atlasaltern - dans Balkans
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