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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 11:14

- Serbie

Comme la Serbie passionne moins les foules qu'en 1999-2000, le ton des médias, quoiqu'hostile à ce pays, est demeuré plus sobre. Au cours des derniers jours de la campagne électorale,  le journaliste du Monde Christophe Châtelot, toujours allergique à toute forme de patriotisme serbe (il l'a montré dans divers articles), s'est certes efforcé de peindre un tableau sombre de ce pays : "La Serbie, elle, patauge. Son taux de croissance (5,5 % en moyenne depuis 2000) n'absorbe pas un taux de chômage de 31 %. Elle est isolée politiquement sur la scène internationale en raison, notamment, du manque d'empressement du gouvernement serbe à collaborer avec le TPIY"  écrivait-il dans l'édition du 21 janvier 2007 (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-857593@51-857710,0.html) - constat pourtant souvent démenti par l'appellation "Balkan Tiger" souvent appliquée à ce pays (http://en.wikipedia.org/wiki/Serbia) et le constat du journal Libération du 22 janvier  :  "Le taux de croissance est l'un des plus élevés de la région (environ 6 %), l'inflation a été stoppée, le dinar relevé par rapport à l'euro et le salaire moyen tourne autour de 250 à 300 euros" (Helene Despic Popovic http://www.liberation.fr/actualite/monde/230065.FR.php). Mais les attaques ne sont guère allées plus loin.

Dimanche, la progression d'un point des radicaux aux élections législatives (28 %) a permis à Reuters de faire un titre à sensation sur la victoire des "ultra-nationalistes" et permis au représentant de la diplomatie européenne et ex-secrétaire général de l'OTAN Javier Solana de frapper du point sur la table en déclarant : "I hope very much there will be a speedy formation of a speedy government that will be in line with the European Union" (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2007&mm=01&dd=22&nav_category=90&nav_id=39190) c'est à dire un gouvernement sans alliance avec les radicaux. Mais dans l'ensemble on reste en deçà de la grande haine des années 90.

Le parti-pris anti-serbe de nos médias a refait surtout surface vendredi quand il est apparu que le mot "indépendance" ne figurerait pas dans le rapport du procurateur de l'ONU au Kosovo Martti Ahtisaari . Il s'agirait plutôt en effet d'une large autonomie qui permettrait à cette province de siéger à l'ONU mais exclurait qu'elle puisse avoir une armée, maintiendrait une tutelle occidentale institutionnalisée, comme en Bosnie et en Macédoine ,et autoriserait une autonomie des zones serbes, en matière policière notamment (une façon de reconnaître que le gouvernement albanais ne pourrait ou ne voudrait pas protéger cette minorité). Ce compromis, destiné notamment à obtenir le vote de la Russie à l'ONU a ressuscité les ardeurs guerrières de nos medias. Bruno Cadet au journal de France Culture de 18 h vendredi (26 janvier) rappelait que la Russie avait soutenu le "projet de Grande Serbie que Milosevic voulait réaliser dans le sang" dans les années 1990 (en fait, comme l'a montré Diana Johnstone, le gouvernement de Belgrade a surtout cherché à défendre une "petite Yougoslavie" et non à promouvoir une "Grande Serbie" cf sur ce point l'article de D.Johnstone dans l'Atlas alternatif et son livre La Croisade des Fous). Libération, dans un langage codé mais très clair, en présentant la Russie comme la "protectrice panslave de la Serbie" accuse Moscou à demi-mots de cultiver l'idéal impérial ethniciste du XIX ème siècle (sans se demander si la Russie ne se défend pas tout simplement contre l'ingérence de l'OTAN à ses frontières, et ne défend pas une vision plus équilibrée des rapports interculturels que les pouvoirs occidentaux). Le journal reproche au passage à Moscou de retarder la décision finale sur le Kosovo qu'elle oppose à l'impatience des Albanais (http://www.liberation.fr/actualite/monde/231321.FR.php) décrite en longueur dans ses colonnes depuis plusieurs années. La défense du sécessionnisme albanais contre le droit de la République de Serbie à conserver son intégrité est une constante dans la grande presse occidentale depuis plusieurs années, et les conséquences de ce choix sur la pérennité des frontières des autres pays d'Europe de l'Est (Roumanie, Macédoine, Monténégro, Bulgarie etc) ne sont pratiquement pas débattues.

La Serbie pour sa part s'est engagée dans une bataille procédurale à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour amender un projet de résolution favorable à l'indépendance. Elle ne peut guère compter que sur le soutien de la Roumanie, de la Grèce et de la Russie (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2007&mm=01&dd=24&nav_category=92&nav_id=39235).

 

- Macédoine

Le 16 avril va commencer au Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie (tribunal ad hoc instauré par les puissances occidentales et financé par elles) le premier procès concernant la Macédoine. Ljube Boskoski, ex ministre de l'intérieur, et Johan Tarculovski, son garde du corps, seront jugés pour une attaque des forces spéciales de police contre le village albanais de Ljuboten près de Skopje survenue le 12 August 2001 et qui avait entrainé la mort de sept personnes, l'incendie de quatorze maisons et des arrestations massives. Cette opération policière musclée dans le contexte de guerre civile ressemblait à celles de la police serbe au Kosovo dans les années 1990. Elle avait fait suite à une attaque contre les forces de polices macédoniennes avec des mines anti-char (http://www.b92.net/eng/news/globe-article.php?yyyy=2007&mm=01&dd=21&nav_category=123&nav_id=39179)

Dans cette affaire on accuse à nouveau le Tribunal pro-occidental de faire preuve de complaisance à l'égard des nationalistes albanais. C'est le ministre de l'intérieur (slave) qui est inculpé tandis que Ali Ahmeti fondateur de la première Armée de libération du Kosovo (UCK) albanaise en Serbie,et de la seconde qui provoqua la guerre civile en Macédoine, considéré comme l'auteur de crimes de guerres, chef de trafics divers clandestins (http://www.humanite.presse.fr/popup_print.php3?id_article=39109 ) jouit tranquillement de ses prérogatives de député de l'Union démocratique pour l'intégration (UID), tout comme son homologue albano-kosovar ex-commandant de l'UCK Agim Ceku reste solidement cramponné à son fauteuil de premier ministre à Pristina, sans être inquiété par le TPI, malgré les massacres de civils commis par l'UCK.

 

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Published by Atlasaltern - dans Balkans
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