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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 14:27
Lundi, la directrice du centre culturel français (CCF) de Naplouse (Cisjordanie), a été sortie de son véhicule, jetée à terre et rouée de coups par un policier israélien près de Jérusalem. «Je peux te tuer», a lancé en anglais l’un des soldats. Sa voiture portait pourtant des plaques diplomatiques. Mardi, c’est le directeur du centre culturel de Jérusalem-Ouest, Olivier Debray, qui, à bord d’un véhicule pourvu de plaques consulaires, a été insulté par des policiers. En juin 2008, la consule adjointe à Jérusalem avait été retenue 17 heures sans boire ni manger par les forces israéliennes à un point de passage avec la bande de Gaza. En janvier dernier pendant l'attaque israélienne contre Gaza, les soldats israéliens ont complètement ravagé le logement - pourtant signalé à l’armée israélienne de l’agent consulaire français, Majdi Chakkoura. En son absence,  -, volé une grosse somme d’argent, les bijoux de son épouse, son ordinateur et détruit la thèse sur laquelle il travaillait. Et ils ont "souillé d’excréments" (selon l'expression journalistique consacrée) le drapeau français .

Cet "amour" violent et touchant des soldats israéliens pour la France, dont les médias Français (AFP, Libération) ne peuvent plus éviter de parler, a suscité une réaction diplomatique du Consul général de France à Jérusalem qui a adressé une lettre de protestation au ministère israélien des Affaires étrangères concernant les sévices infligés à la directrice du CCF, accompagnée d'un rapport médical détaillé, exigeant une enquête afin d’établir les faits avec exactitude.

Le consulat général de France à Jérusalem déploie une activité culturelle très dynamique en Palestine occupée, principalement en Cisjordanie.

A Gaza, il n'est même plus possible de songer à une action culturelle tant la situation y reste castrophique. Aucun des milliers de bâtiments bombardés par Tsahal n'a été reconstruit malgré l'aide internationale car le siège que subit ce territoire interdit l’entrée de tout ce qui n’est pas ravitaillement ou médicaments de toute première nécessité. 40 000 personnes restent sans logement. Les tirs d'obus, et d'armes automatiques de la part des Israéliens et le survol par les drones se poursuivent. il n'y a pas d'électricité à l’Hôpital de Al-Shifa. Laura Dukay en livre un compte rendu émouvant sur le site de Socialist Worker.

Pour Israel, à l'égard des diplomates européens comme à l'égard des civils palestiniens, l'impunité prévaut.

Au début de cette année l'Espagne a tenté d'ouvrir une brèche dans cette impunité. Le 29 janvier, le juge Fernando Andreu d'instruction de la 4e chambre de l'Audience nationale ouvrait une enquête pour "crime contre l'humanité" visant sept personnalités israéliennes suite à une plainte du Centre palestinien pour les droits de l'homme sur le bombardement, le 22 juillet 2002 à Gaza, qui tua Salah Chehadeh, dirigeant du Hamas que le magistrat qualifie "d'organisation terroriste", et 14 civils palestiniens, "en majorité des enfants et des bébés". Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a immédiatement réagi en affirmant qu'il "ferait tout" pour obtenir l'annulation de cette enquête "délirante"."Celui qui qualifie de crime contre l'humanité la liquidation d'un terroriste vit dans un monde à l'envers" déclara le ministre. Le 3 février comme le ministre Moratinos avait annoncé qu'il envisageait de faire voter une loi anti-compétence universelle pour faire obstacle à l'enquête d'Andreu, un collectif d'intellectuels progressistes juifs venait défendre cette enquête.

Le 2 avril, le parquet espagnol a demandé le classement de l'enquête au motif que les faits visés faisaient, selon lui, déjà l’objet d’enquêtes en Israël. Le juge Fernando Andreu a courageusement décidé le 7 mai de ne pas suivre ces réquisitions, estimant au contraire que la justice israélienne n’enquêtait pas sur ces faits et que, quand bien même ce serait le cas, la justice espagnole resterait compétente, mais fin mai il se confirmait que les 2 principaux partis de droite et de centre-gauche espagnols voteraient au Congrès une réforme de la loi de compétence universelle sous la pression israélienne, comme la Belgique avait dû le faire en 2003 sous la pression de l'administration Bush et d'Israël quand des plaintes avaient été introduites contre des responsables américains de la guerre en Irak et contre Ariel Sharon, de sorte que dorénavant seule la Cour pénale internationale garderait une compétence universelle (ce dont Israël se moque puisque, comme les Etats-Unis, il n'en a pas ratifié les protocoles et échappe donc à sa juridiction).

FD

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Published by Atlasaltern - dans Proche-Orient
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