
Depuis deux mois, l'Association interethnique de la Jungle péruvienne
(
AIDESEP) organise des protestations et blocus ponctuels de routes, oléoducs ou fleuves dans le nord-est amazonien du pays. Elle rejette des décrets-lois de
2007-08 du gouvernement qui permettent l'exploitation sauvage des ressources hydriques, forestières et minières.
Cette association dit représenter 65 groupes ethniques, réparties en 1300 communautés, soit 600 000 personnes.
Le 6 juin, le président social-démocrate défenseur du néo-libéralisme Alan Garcia a mené une sanglante répression au point de blocage de La Bragua. Le ministre de la Défense Antero Flores
Araoz avait 7 juin confirmé à l'AFP un bilan de
23 policiers et 11 indigènes tués, alourdi depuis
d'un décès policier. Des sources indigènes ont fait état avec insistance depuis samedi d'un bilan bien plus lourd, notamment de victimes indiennes allant d'une douzaine à près de 30, mais de corps
escamotés.
La veille les Indiens révoltés qui craignent d'être dépossédés de leurs terres avaient pris
trente-huit policiers en
otage.
Le Premier ministre péruvien Alan Yehude Simon devant une commission parlementaire s'en est pris lundi aux médias étrangers, accusés d'avoir déformé les faits, les chiffres, et indûment blâmé le
gouvernement. Le gouvernemnt péruvien, de plus en plus cripé, a aussi mis en cause le Venezuela et la Bolivie. Le chef de l'AIDESEP Alberto Pizango a demandé et obtenu l'asile politique
à l'ambassade du Nicaragua. Mais ses suppléants Walter Kateguiri et Daisy Zapata ont annoncé une poursuite de la lutte.
La Coordinadora Andina de las Organizaciones Indígenas (CAOI) qui représente les Amérindiens des pays andins a annoncé sin
intentition de traduire Alan Garcia devant la justice internationale. Position soutenue en Espagne par
Izquieda unida.
Première victoire pour l'AIDESEP, le
Parlement du Pérou a suspendu mercredi le Décret 1090 dit "Loi
forestière et de faune sylvestre", et un autre décret lié pour favoriser la reprise du dialogue.